Né de Nouveau !

Né de Nouveau !

TEMOIGNAGE

CELA S'EST PASSE IL Y A MOINS DE 70 ANS

BEAUCOUP DE NOS PARENTS ET GRAND PARENTS ONT CAUTIONNE OU

NON DIT MOT !!!

 

 

PARDON PERE POUR LE SILENCE , LA PASSIVITE ET LA

LACHETE

 DE NOS FAMILLES

 

 

 

 

MATTHIEU 18:10 Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits; car je vous dis que leurs anges dans les cieux voient continuellement la face de mon Père qui est dans les cieux

 

 

 

 

 

 Agneau

 

 

 

 

 TEMOIGNAGES POIGNANT SUR LA CRUAUTE HUMAINE 

 

 Source :  SOUVENEZ-VOUS

 

 

 

 

Un témoignage d’Odette Daltroff-Baticle qui interné à Drancy, eut à s’occuper des enfants. Libérée en 1943, elle écrivit aussitôt ces notes:



Nous assistons aux première déportations; crises de nerfs, des femmes se jetant par les fenêtres du 4è étage. Il fait terriblement chaud. On nous annonce l’arrivée de 3000 enfant sans parents, reste de la rafle du 15 juillet, du Vel d’hiv. On les avait mis à Pithiviers. De là on déporte les hommes, les femmes et les enfants.  Un gendarme me raconte que ce spectacle était affreux, déchirant : Ils séparent  femmes et enfants à coup de crosses; les femmes partent croyant que la Croix-Rouge pourra s’occuper de leurs enfants.

 

En hâte, elles cousent sur leurs vêtements leurs noms et adresses. On recrute parmi nous des femmes de bonne volonté pour s’occuper de ces enfants. Nous sommes munies de brassards et de laissez-passer signés par la gendarmerie, qui nous donnent droit de circuler dans le camp.

Des autobus arrivent nous en sortons des petits êtres dans un état inimaginable. Une nuée d’insectes les environnent ainsi qu’une odeur terrible. Ils ont de 15 mois à 13 ans, leur état de saleté est indescriptible, les 3/4 sont remplis de plaies suppurantes: Impétigo. Il y aurait tant à faire pour eux, mais nous ne disposons de rien, malgré le dévouement incomparable de notre chef de camp, le commandant Kohn. Pour 1000 enfants nous disposons de 4 serviettes et encore avec difficultés. Par groupe nous menons ces enfants aux douches, une fois nus, ils sont encore plus effrayants, ils sont tous d’une maigreur terrible et vraiment presque tous ont des plaies. Il va falloir essuyer les sains avec une serviette et les autres toujours avec la même toute souillée. Notre cœur se serre.

 

Autre drame: ils ont presque tous la dysenterie. Leur linge est souillé d’une manière incroyable et leur petit baluchon ne vaut guère mieux. Les mamans les avaient quittée avec leurs affaires bien en ordre, mais il y a de cela quelques semaines et depuis ils sont livrés à eux mêmes. Des femmes de bonne volontés se mettent a laver leurs effets, presque sans savon, et à l’eau froide. a cette époque il fait très chaud et cela sèche vite, mais ils sont plus de 1000.Dès que nous remettons à ces petits effets un peu propres, une heure après, ils sont sales. Les médecins les examinent à tour de bras. On leur administre du charbon de bois, on les barbouille tous de mercurochrome. On voudrait les mettre à l’infirmerie mais c’est impossible, ils doivent repartir vers une destination inconnue. Lâchement, nous leurs avons dit qu’ils allaient retrouver leurs parents; et pour cela ils supporteraient tout. Jamais nous n’oublierons les visages de ces enfants, sans cesse, ils défilent devant mes yeux, Ils sont graves, profonds et, ceci est extraordinaire, dans ces petites figures, l’horreur des jours qu’ils traversent est stigmatisée en eux. Ils ont tout compris, comme des grands. Certains ont des petits frères ou sœurs et s’en occupent admirablement, ils ont comprit  leurs responsabilités. 

Ils nous montrent ce qu’ils ont de plus précieux : la photo de leurs pères et de leur maman que celle-ci leur a donnée au moment de la séparation. A la hâte, les mères ont écrit une tendre dédicace. Nous avons toutes les larmes aux yeux; nous imaginons cet instant tragique, l’immense douleur des mères.

Ces enfants savent que comme les adultes, ils seront impitoyablement fouillés par les gens de la police aux questions juives. Entre eux ils se demandent, s’ils auront la chance de conserver un petit bracelet, une petite médaille, souvenir des temps heureux. Ils savent que ces bijoux n’ont pas grande valeur, mais ils connaissent la cupidité de leurs bourreaux. Une petite fille de 5 ans me dit «n’est-ce pas, madame, ils ne me la prendront pas ma médaille, ce n’est pas de l’or»

 

Dans leurs petits vêtements, les mères ont cousu 1 ou 2 billet de 1000 frs et ce petit garçon de 6 ans nous demande : « fais le gendarme pour voir si tu découvres mon argent».

Il y a des contagieux, on en met à l’infirmerie en vitesse. Avec les moyens di bord, on fabrique de petits lits; mais ils sont des quantités à partir avec la scarlatine, la diphtérie ETC..........

 

Nous essayons de faire la liste de leurs noms, nous sommes surpris par une chose tragique, les petits ne savent pas leurs noms. Les prénoms et les adresses que les mamans avaient écrits sur leurs vêtements avaient complètement disparu à la pluie et d’autres par jeu ou par inadvertance, ont échangé leurs vêtements.

La question est aussi un désastre : que donner à ces petits déjà malades? Cette soupe d’eau et de carottes, pas assez de récipients ni de cuillères.

Il fallait les coucher à 3 ou 4 sur des paillasses infectes et qui le devenaient d’heure en heure de plus en plus, par cette dysenterie qui torturait tous les corps.

Beaucoup n’avait plus de chaussure, nos cordonniers on pu fabriquer pour certains enfants des sortes de chaussures avec des morceaux de bois et des ficelles, d’autres sont partis nus pieds.

 

Avant le départ pour le grand voyage, ils rasaient les hommes, les femmes, les enfants des deux sexes. Cette mesure est vexatoire et agit beaucoup sur le moral des individus, particulièrement chez les enfants. Un petit garçon pleurait à chaudes larmes. Ils avaient environ 5 ans. Il répétait qu’il ne voulait pas qu’on lui coupe les cheveux, sa maman en était si fière et puisqu’on lui promettait qu’il allait la retrouver, il fallait qu’elle la retrouve intacte.

Après le départ de 3000 à 4000 enfants sans parents, il en restait 80, vraiment trop malade pour partir avec les autres, il nous était permis de les garder un peu plus longtemps. Ils ont entre 2 à 12 ans. Comme les adultes ils sont mit de côté pour le prochain départ. Les 1000 personnes choisies pour le prochain départ sont isolées du reste du camp pendant 2 ou 3 jours, hommes, femmes et enfants  sont sur de la paille    

Rapidement souillée et mouillée. A partir de 3 heures du matin nous devions nous occuper des 80 enfants, les préparer au départ, les habiller... En rentrant, il y avait de quoi se trouver mal tellement que l’odeur était forte. Je trouvais mes enfants endormis et sans lumière, je commençais à les préparer, je ne savais pas par quel bout commencer. Vers 5 heures du matin il fallait les descendre dans la cour pour qu’ils soient prêt à monter dans les autobus de la STCRP qui menaient les déportés  à la gare du Bourget. 

 

Impossible de les faire descendre; ils se mirent à hurler, une vraie révolte, ils ne voulaient pas bouger, l’instinct de conservation. On ne les mènerait pas à l’abattoir si facilement. Cette scène était épouvantable, je savais qu’il n’y avait rien a faire, coûte que coûte, on les ferait partir.

En bas on s’énervait, les enfants ne descendaient pas, j’essayais de les prendre un par un pour les faire descendre mais ils se débattaient, et hurlaient. Les petits étaient incapables de porter leur petit paquet. Les gendarmes sont montés et ont bien su les faire descendre, pourtant ce spectacle en ébranla tout de même quelques un. Au moment du départ, on pointait chaque déporté. Sur les 80 gosses, environ 20 ne savaient pas leurs noms. Tout doucement, nous, nous avons essayé de leur faire dire leurs noms mais sans résultat. a ce moment surgit devant moi, le maître de toutes ces destinées, le sous-officier allemand Heinrichsohn, 22 ans, très élégant en culotte de cheval, ils venait à chaque départ assister à ce spectacle, qui, visiblement, lui procurait une immense joie. 

Je ne puis oublier la voix de ce petit garçon de 4 ans, qui répétait sans arrêt sur le même ton, avec une voix grave, une voix de basse incroyable dans ce petit corps : - «Maman, je vais avoir peur, maman je vais avoir peur»

 

Extrait du carnet du musée de la résistance de la déportation et de la libération du Lot

Extrait du carnet de la Persécution, raciste et antisémite.

 

 

 

 

 

 

 

La déportation des enfants Juifs

La déportation des enfants Juifs

 

Voici un témoignage d’un jeune déporté, qui, interné à Drancy, y vit arriver ses petits frères et sa petite soeur:

 

 

 


Les autobus arrivèrent dans un bruit de ferraille soulevant des nuages de poussière,; ils étaient des dizaines et nous n’étions pas habitués à voir arriver des prisonniers en si grand nombre à la fois; d’habitude c’était une camionnette ou un car seul qui amenait les prisonniers. des autobus de la RATP, qui en ce jour d’été 1942 franchirent l’enceinte du camp de Drancy et s’arrêtèrent devant la tour de béton inachevée et sinistre qui nous servait d’abri. Ils descendirent par dizaines. C’était des enfants, rien que des enfants, agglutinés par affinités, hagards, hébétés,mécaniques, silencieux comme des brebis de la Bible, pris au sacrifice à un Dieu de guerre, de ténèbres, d’enfer. Mais aucun Dieu des enfants n’est venu s’interposer dans leur destin d’anges. En les regardant de plus près, je vis des visages familiers et, parmi eux, mon petit frère Louis, Henri, et ma petite soeur Jeannette ( 13, 10 et 5 ans). Quel coup au coeur. Tous les autres étaient les enfants de mon quartier, les Gutman, les Luftman, tous ceux ramassés avec leurs parents à la rafle dite du vélodrome d’hiver.
De cet endroit, on les conduit vers Compiègne; puis, me raconte petit Louis, on détache mon père, qui part en déportation vers l’Allemagne; puis ma mère qu’on sépare des enfants. Quel déchirement dans cette séparation. Je ne veux pas y penser tellement le drame est grand.
Pendant plusieurs jours, je réconforte les enfants comme je peux.Quelques jours passent et j’apprends qu’un convoi est prévu pour les enfants vers l’Allemagne, soi-disant pour rejoindre leurs parents. Bien entendu, je ne crois pas cela, car pourquoi les avoir séparés pour les revoir ensuite. J’appréhende un sort bien plus tragique et je me demande ce que je dois faire ? Dois-je partir avec eux pour les protéger, ou rester à attendre mon sort. ce profond dilemme, je n’arrive pas à le résoudre. Je ne ferme pas les yeux de la nuit.

Le matin, je prends la décision d’en parler avec petit Louis ouvertement et je lui dis : «Voilà! vous devez partir en déportation rejoindre les parents; crois-tu être en mesure de t’occuper seul de Jeannette et d’Henri, ou bien veux-tu que je parte avec vous; mais, dans ce cas, je n’aurais plus aucune chance de sauver ce qu’il y a encore à sauver ?» il me répond: « Jusqu’à présent, je me suis bien occupé d’eux tout seul, alors si tu as une chance de te sauver, reste.»
Les quelques jours qui précédèrent leur départ, je me suis mis à organiser pour eux du ravitaillement, des couvertures, tout ce qui était en mon pouvoir dans cette situation de réunir, je l’ai fait. Ils sont partis, chacun avec son ballot. Je les ai accompagné jusqu’au wagon, les ai installés, mais je pressens bien que je ne les reverrais plus jamais.
Trois semaines plus tard, c’est à mon tour de faire partie d’un convoi. Je suis revenu 3 ans plus tard... vous, qui me lisez, vous comprendrez aisément pourquoi, tous les enfants du monde sont devenus mes petits frères et soeurs.

Il reste à imaginer la progression à travers toute l'Europe de ces lamentables convois remplis de petits enfants, d’imaginer l’arrivée à Auschwitz des survivants, leur descende des trains au milieu des SS, armés, vociférants et accompagnés d’énormes chiens policiers aboyant, leur cortège vers les chambres à gaz et leur affreux sacrifice destiné à alimenter une haine toujours inextinguible.

source : carnet du Musée de la résistance, de la déportation et de la libération du Lot (France)

 

 

 
 
 
 

 

Les enfants de Drancy: témoignage de Georges Wellers

Les enfants de Drancy: témoignage de Georges Wellers


G. Wellers est né en Russie en 1905. Il était chef de laboratoire à la Faculté de Médecine de Paris quand il a été arrêté par la Gestapo en décembre 1941. Interné à Drancy de juin 1942 à juin 1944, il s’est occupé des enfants arrêtés dans la grande rafle du Vel’dHiv. le 16 juillet 1942. Ces enfants ont été déportés à Auschwitz et gazés dès leur arrivée avec leurs infirmières vers la fin du mois d’août 1942. Déporté à son tour à Auschwitz, puis à Buchenwald, G. Wellers a été libéré par les Américains en avril 1945.

Dès 1946, il a consigné ses souvenirs dans un récit sobre et précis, De Drancy à Auschwitz. Il a publié depuis de nombreuses études sur la déportation et l’extermination des Juifs, qui font autorité par l’étendue de leur information et par leur rigueur scientifique.
On notera dans ce texte l’attitude des gendarmes et le rôle de la PQJ (Police des Questions Juives).

" Dans la deuxième moitié du mois d’août on amena à Drancy 4000 enfants sans parents. Ces enfants avaient été arrêtés avec leurs parents le 16 juillet Deux jours plus tard, les parents et les enfants furent envoyés de Paris au camp de Pithiviers. Là, on sépara les enfants des parents. On déporta les parents directement de Pithiviers et on envoya les enfants par groupe de 1000 mêlés à 200 grandes personnes étrangères à Drancy.
Ces enfants étaient âgés de deux à douze ans. On les déchargea des autobus au milieu de la cour comme de petites bestioles. Les autobus arrivaient avec des agents sur les plates-formes, les barbelés étaient gardés par un détachement de gendarmes. La majorité des gendarmes ne cachaient pas leur sincère émotion devant le spectacle ni le dégoût pour le travail qu’on leur faisait taire.

Les tout-petits ne connaissaient souvent pas leur nom, alors on interrogeait les camarades, qui donnaient quelques renseignements. Les noms et prénoms ainsi établis étaient inscrits sur un petit médaillon de bois, qu’on accrochait au cou de l’entant . Parfois, quelques heures après, on voyait un petit garçon portant un médaillon avec le prénom de Jacqueline ou de Monique. Les enfants jouaient avec les médaillons et les échangeaient entre eux.
Chaque nuit, de l’autre côté du camp, on entendait sans interruption les pleurs des enfants désespérés et, de temps en temps, les appels et les cris aigus des enfants qui ne se possédaient plus.

Ils ne restèrent pas longtemps à Drancy. Deux ou trois jours après leur arrivée, la moitié des enfants quittaient le camp, en déportation, mélangés à 500 grandes personnes étrangères. Deux jours plus tard, c’était le tour de la seconde moitié. La veille de la déportation les enfants passèrent par la fouille, comme tout le monde. Les garçons et fillettes de deux ou trois ans entraient avec leur petit paquet dans la baraque de la fouille où les inspecteurs de la PQJ fouillaient soigneusement les bagages et les faisaient ressortir avec leurs objets défaits. On installa près de la porte de sortie une table où, toute la journée, des hommes volontaires refaisaient tant bien que mal les paquets des enfants. Les petites broches, les boucles d’oreilles et les petits bracelets des fillettes étaient confisqués par les PQJ.

Un jour, une fillette de dix ans sortit de la baraque avec une oreille sanglante parce que le fouilleur lui avait arraché la boucle d’oreille, que, dans sa terreur, elle n’arrivait pas à enlever assez rapidement.
Le jour de la déportation, les enfants étaient réveillés à cinq heures du matin, et on les habillait dans la demi-obscurité. Il faisait souvent frais à cinq heures du matin, mais presque tous les enfants descendaient dans la cour très légèrement vêtus. Réveillés brusquement dans la nuit morts de sommeil, les petits commençaient à pleurer et, petit à petit, les autres les imitaient. Ils ne voulaient pas descendre dans la cour, se débattaient, ne se laissaient pas habiller. Il arrivait parfois que toute une chambrée de 100 enfants, comme pris de panique et d’affolement invincibles, n’écoutaient plus les paroles d’apaisement des grandes personnes, incapables de les faire descendre: alors on appelait les gendarmes qui descendaient sur leurs bras les enfants hurlant de terreur.

Dans la cour. ils attendaient leur tour d’être appelés, souvent en répondant mal à l’appel de leur nom; les aînés tenaient à la main les petits et ne les lâchaient pas. Dans chaque convoi, il y avait un certain nombre d'enfants qu’on ajoutait pour terminer: c’étaient ceux dont les noms étaient inconnus. Ces derniers étaient marqués sur la liste par des points d’interrogation. Cela n’avait pas beaucoup d’importance: il est douteux que la moitié des malheureux bambins ait pusupporter le voyage, et les survivants étaient sans doute détruits dés leur arrivée.
Ainsi il a été déporté de Drancy en deux semaines 4 000 enfants sans parents. Cela se passait dans la seconde moitié du mois d’août 1942".

François Delpech , Historiens et géographes, no 273, Mai-juin 1979.
revue de l’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie de l’Enseignement Public (APHG)
issn 00 46 75 x
numérisé pour le site du Cercle d’étude de la déportation et de la Shoah
par D Letouzey le 14/06/2000


Source : //aphgcaen.free.fr/cercle/delpech5.htm

 

 

 

 

 

 



22/05/2012
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